Un petit crawler s'en allait à travers le Net…

Par SwissTengu @SwissTengu @SwissTengu — 07.04.2014
Il y a peu, je me suis mis en tête de faire un petit crawler pour documenter une idée. Ce crawler ne fait rien de bien spécial, il se contente d'aller interroger un annuaire d'entreprises suisses (en fait, l'annuaire central, connu sous le nom de Zefix) et d'agréger des informations basée sur 1-2 autres sites.

Au début, je ne pensais pas trop "éthique". J'avais mon idée, une petite enquête sur une société précise, et les liens que son conseil d'administration pouvait avoir avec d'autres entités privées.

Seulement…

Seulement, ce crawler me montre une chose : n'importe qui peut agréger des données. N'importe qui ayant un minimum de connaissance dans un langage de programmation quelconque (ou ayant les moyens de se payer une telle personne ;) ) peut se constituer une base de donnée, basée sur des contenus accessibles plus ou moins librement sur le Net.
Dans le cas qui m'intéresse, toutes les données sont accessibles sans problème, et me permettent de récolter les points suivants :
nom, prénom
lieu d'origine
lieu d'habitation (avec historique plus ou moins suivi je vous prie)
rôle au sein de l'entreprise (pour autant que ce soit au sein du CA, Direction ou assimilé)

En fouillant un tout petit peu plus, je suis certain de pouvoir aller interroger d'autres sites nettement plus personnels : après tout, fort de ces informations de base, rien n'empêche de remonter sur Facebook, Linkedin ou autres. Absolument rien.

Sauf si…

Sauf si vous ne possédez pas de compte sur ces plate-formes, ou si vous avez réussi à régler votre niveau de protection au plus haut.
Ce qui implique de suivre, jour après jour, les modifications des conditions générales d'utilisation, les modifications automatiques des réglages…

Se protéger sur le Net n'est absolument pas simple : entre les services publics qui publient des choses sur vous (obligés par la loi), les "réseaux sociaux", les "réseaux professionnels" etc, nos données personnelles sont divulguées à tous les vents.
Le pire dans tout ça : dans une grande majorité des cas, la source est nous-même, de part notre méconnaissance de l'utilisation de nos données faites par des services tiers, voire, comble du comble, notre désintérêt quant au devenir de nos données.

À force de voir partout des informations sur tout le monde, on perd la notion de propriété de nos données. On perd cette identité qui nous définit, on perd notre part de "soi". Sous prétexte du "j'ai rien à cacher", on divulgue tout et n'importe quoi, on donne sans discernement. On s'habitue à voir de plus en plus d'entités privées entrer de plus en plus profondément dans notre esprit, notre manière de penser, notre manière d'être, les laissant ainsi nous dicter nos actes au travers de publicités et conseils savament distillés en fonction de nos goûts, de nos envies, de nos visites et relations.

L'humain doit revenir à la réalité. Il doit reprendre possession de son "soi". Il doit trier, filtrer ce qu'il divulgue, pour le salut de sa personnalité. En arriver à tweeter son accouchement montre à quel point on a perdu la notion de ce que sont nos données. Tout comme le buzz actuel sur Instagram, où on nous fait, à nouveau, pénetrer dans l'intimité des gens, une intimité jusque là préservée.

Humains, reprenez vos données. Reprennez conscience de leur valeur, tant morale que financière. Parce que oui, ces données que vous semez à tous les vents se revendent à prix d'or sur les marchés : tout savoir de vous permet d'assurer que vous allez cliquer sur telle ou telle publiciter, valider tel ou tel choix sur un site marchand, permettant ainsi de vous cibler.

Vous êtes une cible. À vous de changer la donne, à vous de reprendre les cartes si maladroitement distribuées.

Réveillez-vous !

T.

Commentaires (1)

par bukowski — 17.04.2014, 16:37 — PermaLink
Le souci c'est que les gens/utilisateurs n'ont aucune compréhension sémantique du Net.
Il y a une phase d' "éducation" indispensable pour qui veut bien se protéger...
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