La fin des démocraties occidentales ?

Par SwissTengu @SwissTengu @SwissTengu — 10.01.2015
Un danger pire que les terroristes existe : un état démocratique qui panique. Ou qui agit dans la panique. Ou, encore pire, qui fait mine d'agir dans la panique tout en appliquant un plan prédéfini qui n'attendait qu'une bonne occasion pour sortir de son tiroir.

C'est ce qu'on est en train de voir en ce moment même, suite à l'horrible attentat survenu en France1 en milieu de semaine.
Des politiciens de tous bords crient "sécurité", crient "renseignement". Ils veulent, "pour notre sécurité", "pour notre biens", sortir l'artillerie lourde, déballer leur joujoux de surveillance massive des réseaux, des citoyens. Pour s'assurer, dans un premier temps, que nous ne sommes pas des terroristes potentiels. Puis, par la suite, qui sait ? S'assurer que nous ne sommes pas un fraudeur du fisc ou encore, allez, qu'on n'est pas en train de frauder l'aide sociale, les assurances, notre employeur. Ou qu'on n'a pas de meurs légères. Bref.

Mettre en place, maintenant, des outils tels que ceux vendus par Verint2 est une monumentale erreur3. Nous sommes, actuellement, dans une démocratie. Plus ou moins. Enfin, on peut encore voter, s'exprimer sans finir crucifié sur la place publique, ou se faire jeter sur un bûcher..

Le problème, c'est "après". Si l'extrême droite (ou n'importe quelle autre extrême) arrive au pouvoir suite à des votations malheureuses, que se passera-t-il ? La mise en place de ces outils est le premier pas nécessaire vers un état totalitaire, un état de NON-droit, un état dans lequel la simple expression sera condamnée.

Fabulations, pensées dystopiques me direz-vous ? Réfléchissez. On a déjà vécu cette situation il y a moins de 20 ans. 2001, vous vous souvenez ? Certes, ça a touché les USA, pas l'Europe. Mais, 14 ans après, qu'avons-nous appris ? Que nous a montré Edward Snowden ? Que nous a montré Assange et Wikileaks ?

La surveillance, telle que mise en place par les USA, ne sert à rien. À part à remplir des centres de données, et créer des scandales un peu partout à travers le globe. Et les idées de surveillance préventive4 sont abominables de non-sens.

"Mais chez nous, ça sera mieux", allez-vous penser ou dire. "Et après tout, c'est pour nous protéger". Protéger contre quoi ? Les deux "terroristes" étaient connus, déjà sous surveillance même. Et est-ce que cela les a empêché de faire leur action ? Non. Rien. Que pouic.

"C'est le manque de moyen, c'est bien la preuve qu'on doit renforcer les mesures !" — bullshit. Plus il y a de données, plus il faut trier, analyser. Les algorithmes ne font pas tout, il faut de la logique, du "cœur" humain derrière pour valider (ou invalider) les données.
Ce n'est pas une question de moyen techniques.

La meilleure lutte contre ce genre de "choses", contre la terreur, c'est la connaissance. L'enseignement est la meilleure réponse. Ainsi que la liberté. La Norvège a très bien réagi, suite à l'attentat de 20115 :
Je m'accroche à la croyance que la liberté est plus forte que la peur, je m'accroche à la croyance en une démocratie et une société norvégienne ouverte. Je m'accroche à la croyance en notre capacité à vivre librement et en sécurité dans notre propre pays

La France6 et, à voir, la Suisse7, semble être sur la pente inverse… Et moi, entendre ce genre de propos, ça me fait peur. Peur de perdre ma liberté de penser, d'agir, ma liberté de vivre selon mes principes, ma liberté de vous écrire ce que je pense.

Une phrase a été dite, redites et répétée sur Twitter :
Les terroristes tuent des personnes. Après les états tuent la démocratie.

Une autre, faussement attribuée8 à Voltaire, est à garder en tête dès qu'on commence à vouloir toucher aux moyens de communication :
je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’au bout pour que vous puissiez le dire


Phrases à méditer. Ne laissons pas l'émotionnel dicter nos actions, ne laissons pas l'émotionnel dicter les actions de nos gouvernements. La démocratie est en danger. Réellement. Nous ne pouvons pas laisser faire.

De plus, mettre tout ceci en place serait une insulte pour les morts de Charlie Hebdo. Une insulte pour les personnes tuées pour avoir défendu un droit humain de base : la liberté d'expression. La surveillance est le plus sûr moyen de tuer ce droit.

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Commentaires (3)

par kl4v — 10.01.2015, 20:22 — PermaLink
La surveillance de masse est une source de juteux contrats avec l'argent du contribuable. Quel politicien va donc se positionner tout particulièrement sur ce sujet? Une piste, à tout hasard: http://asuw.ch/fr/mitglieder/
par SwissTengu — 11.01.2015, 08:41 — PermaLink
Bah, la modification de la LSCPT en cours, introduisant la "surveillance préventive" [sigh] est soutenue par la gauche et, depuis Charlie, l'UDC… C'étaient à priori les seuls à ne pas avoir accepté les modifications.
par SwissTengu — 11.01.2015, 09:13 — PermaLink
Et quand on lit ça, on a de quoi se poser quelques questions sur la santé de notre démocratie… Si même les journalistes s'y mettent, ça va pas le faire.
http://www.24heures.ch/suisse/...
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