Fin de la sphère privée en Suisse ?

Par SwissTengu @SwissTengu @SwissTengu — 19.11.2015
Le nouveau préposé fédéral à la protection des données et à la transparence a été nomminé par le Conseil Fédéral1, au terme d'une sélection dont l'obscurité et l'absence complète de transparence laisse songeur.

Le choix du Conseil Fédéral est plus que surprenant : prendre le directeur suppléant de Fedpol2 comme PFPDT a de quoi poser pas mal d'interrogations.

En effet, Fedpol n'a aucun intérêt à ce que la sphère privée soit correctement protégée. La LRens3 ainsi que la révision de la LSCPT4 sont autant de sujets délicats, où Fedpol et les renseignements sont clairement en opposition avec la protection des données.

On peut aussi s'interroger sur le foutage de gueule flagrant suivant l'éviction de Jean-Philippe Walter, actuel préposé suppléant : sa candidature a été rejetée sèchement sous prétexte qu'il "est trop vieux" (61 ans). Or, le nomminé a 55 ans… Pas pour dire, mais c'est vraiment n'importe quoi. Le poste de préposé est attribué pour 4 ans, la différence d'âge à ce niveau ne compte absolument pas.
Ou alors il faudrait aussi shooter les politiciens qui ont plus de 60 ans, histoire d'être cohérent :Þ.

Ce d'autant que Adrian Lobsiger va avoir le cul entre deux chaises : il devra conseiller/surveiller les lois et les pratiques au niveau de la protection des données de part son rôle de PFPDT, et d'autre part il s'assure de la légalité du traitement des données contenues dans les systèmes d'information de Fedpol.
Le second dépendant des lois poussées par le premier, on peut très vite voir les problèmes que cela va poser à très court terme. Croire que tout va bien se passer et qu'on n'aura pas de conflit d'intérêt est faire montre d'une certaine candeur qui, bien que rafraîchissante, n'en reste pas moins dangereuse pour notre sphère privée.

Déjà que les récents événements en France pousse pour plus de surveillances et des mesures drastiques contre le chiffrement des données5, mettre une tête de pont de Fedpol à la tête de la protection des données en Suisse, c'est signer l'arrêt de mort de notre sphère privée, et annoncer en grande pompe l'avènement d'une société de surveillance de masse. Pour notre sécurité, cela va de soi.

Le Conseil Fédéral joue un jeu dangereux avec cette nommination. Un jeu dont le résultat sera plus que probablement l'annulation des années de boulot de Hanspeter Thür et de son collègue, Jean-Philippe Walter. Nous perdons aussi un Romand ou un Tessinois, et nous retronvons donc de nouveau avec une barrière linguistique (on ne peut pas penser que Jean-Philippe Walter va continuer à jouer le suppléant avec le nouveau Préposé).

Bref. Il faut faire comprendre à l'Assemblée Fédérale que ce choix est mauvais, pire, dangereux. Il faut amener le Conseil Fédéral à reconsidérer la candidature de Jean-Philippe Walter, qui a certains avantages, comme par exemple la connaissance des dossiers en cours6, des relations tant politiques que privées, etc.

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